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Une femme et un homme assis face à face dans un café lumineux, en pleine conversation, sourires francs

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Idées reçues sur les femmes : ce que disent vraiment les études

Les femmes parleraient plus, seraient plus jalouses, viendraient d'une autre planète ? Trois idées reçues confrontées à des méta-analyses et à des mesures réelles.

Non : les femmes ne forment pas un bloc homogène, et les recherches publiées sur le sujet le disent avec une constance remarquable. Les hommes et les femmes se ressemblent sur la plupart des traits psychologiques mesurés, les écarts moyens sont faibles, et la variation entre deux femmes est souvent plus grande que l’écart entre « les femmes » et « les hommes ». Cet article passe trois idées reçues au crible de travaux que nous avons pu lire à la source, puis il en tire une méthode très pratique pour la rencontre, développée dans notre guide pour rencontrer une femme.

Pourquoi les clichés ont la vie dure

Une idée reçue est un raccourci. Quand on rencontre une personne inconnue, on dispose de très peu d’informations et d’un cerveau qui aime classer : « elle est comme ci », « elles sont toutes comme ça ». Ce réflexe économise de l’énergie, et il a un coût que l’on ne voit pas tout de suite. Il fait parler à la place de la personne en face, il fabrique des malentendus avant le premier café, et il nourrit des attentes que personne n’a formulées.

Le cliché se reconnaît à un mot : « toutes ». Toutes jalouses, toutes bavardes, toutes intéressées, toutes compliquées. Aucune enquête sérieuse ne mesure une propriété qui serait vraie de la totalité d’un sexe, et c’est justement ce que les méta-analyses permettent de vérifier. Une méta-analyse rassemble de nombreuses études sur une même question et calcule l’ampleur moyenne d’un écart entre deux groupes. Les résultats qui suivent viennent de ce type de synthèse, ou d’études qui mesurent directement le comportement plutôt que de recueillir des opinions.

Avant d’aller plus loin, une précision de méthode. Nous n’avons retenu que des travaux dont nous avons pu lire le résumé officiel sur la page de la revue, de PubMed ou de la base ERIC. Les chiffres qui circulent sans source (« 80 % des femmes… », « les hommes pensent à… toutes les sept secondes ») ont été écartés. Si un chiffre n’est pas ici, c’est que nous n’avons pas pu le vérifier.

Première idée reçue : « Les hommes et les femmes sont très différents »

C’est la grande idée de départ, celle qui alimente les titres de livres et de magazines : deux moitiés de l’humanité aux logiques opposées. La psychologue Janet Shibley Hyde l’a mise à l’épreuve en 2005 dans la revue American Psychologist. Elle a rassemblé les résultats de 46 méta-analyses et propose ce qu’elle appelle l’hypothèse des similarités de genre : les hommes et les femmes sont semblables sur la plupart des variables psychologiques, mais pas sur toutes. Elle précise que l’ampleur des différences varie selon l’âge et selon le contexte de la mesure, et que les affirmations gonflées de différences ont des coûts, notamment dans les relations. Le résumé de l’auteur est consultable sur la base ERIC.

Dix ans plus tard, une équipe a refait le travail avec beaucoup plus de matière. Ethan Zell, Zlatan Krizan et Sabrina Teeter ont rassemblé 106 méta-analyses et 386 effets individuels, publiés dans American Psychologist en 2015. La différence moyenne absolue entre hommes et femmes y est « relativement petite » (d = 0,21), la grande majorité des effets étant petits (46 %) ou très petits (39 %). L’ampleur varie selon les domaines, ce qui interdit de parler d’une « nature féminine » unique. Le résumé de l’étude est en ligne sur PubMed.

Ce que ces deux travaux ne disent pas est tout aussi important. Ils ne prétendent pas que les hommes et les femmes sont identiques. Certaines différences existent, d’autres sont plus marquées dans des contextes précis, et la biologie, l’éducation et la société y contribuent selon des proportions que ces synthèses ne tranchent pas. Ce qu’elles établissent, c’est qu’un écart moyen entre deux groupes ne permet pas de deviner qui est la personne en face.

Ce que l’on entend Ce que montrent les synthèses Conséquence pratique
« Les femmes pensent toutes autrement » Hommes et femmes sont semblables sur la plupart des variables, pas sur toutes (Hyde, 2005) Partir de ce qu’elle dit, pas de ce que « les femmes » diraient
« L’écart est énorme » La différence moyenne est relativement petite, d = 0,21 sur 386 effets (Zell et coll., 2015) Se méfier de toute phrase qui commence par « les femmes veulent »
« Les différences sont fixes » Elles varient selon l’âge, le contexte et le domaine Une même personne agit autrement selon la situation

Deuxième idée reçue : « Les femmes parlent beaucoup plus que les hommes »

Voilà un cliché qu’il est possible de tester directement, parce que la parole se mesure. En 2007, Matthias Mehl et son équipe ont publié dans la revue Science une étude intitulée « Are Women Really More Talkative Than Men? ». Ils ont équipé 396 participants d’un enregistreur qui captait des échantillons de leur environnement sonore pendant plusieurs jours, puis ils ont extrapolé le nombre de mots prononcés quotidiennement. Résultat : les femmes comme les hommes prononçaient environ 16 000 mots par jour. Le résumé figure sur PubMed.

Cette étude a ses limites, et il faut les dire. Elle porte sur un groupe de participants suivis pendant quelques jours, pas sur l’ensemble de la population, et rien ne garantit que les mêmes résultats se retrouveraient dans tous les âges ou dans toutes les cultures. Elle ne dit pas non plus que chacun parle autant : au sein de chaque sexe, les écarts entre personnes sont très importants, certaines parlant bien plus et d’autres bien moins. L’enseignement est donc double. La moyenne ne départage pas les sexes, et la personnalité compte beaucoup plus que la catégorie.

Trois amies rient autour d'une table de restaurant lors d'un déjeuner
Trois amies à table : d'une personne à l'autre, la façon de parler varie bien plus que d'un sexe à l'autre.

Pourquoi le cliché persiste-t-il ? Parce qu’on remarque ce qui confirme notre croyance et qu’on oublie le reste. L’homme qui parle peu passe pour « réservé », la femme qui parle peu pour « timide » ou « froide » ; la femme qui parle beaucoup pour « bavarde », l’homme qui parle beaucoup pour « passionné ». Le même comportement reçoit une étiquette différente selon la personne qui le porte, et c’est l’étiquette que l’on retient. Une fois la grille en place, chaque observation vient la renforcer.

Pour le célibataire, la leçon est concrète. Une conversation qui s’étire ne prouve rien sur « les femmes ». Elle prouve que cette personne-là a envie de parler, de vous ou de la vie. Un silence ne prouve rien non plus : il peut signifier de la gêne, de la réflexion, du plaisir d’être là sans rien dire, ou simplement une journée fatigante. Plutôt que de décoder, demandez. Une question ouverte bien posée vaut mieux que dix déductions.

Troisième idée reçue : « Les femmes sont toutes jalouses et possessives »

C’est le cliché le plus tenace, et le plus délicat à traiter, parce que la jalousie est une émotion réelle que presque tout le monde a déjà ressentie. La difficulté est de distinguer ce que nous éprouvons tous de ce qu’on attribue à un sexe en particulier.

Le débat scientifique existe bel et bien. Un courant de recherche d’inspiration évolutionniste soutient que les hommes et les femmes réagiraient différemment aux menaces qui pèsent sur la relation, et il a produit de nombreuses études. Mais ce courant a aussi reçu des critiques théoriques et méthodologiques considérables. L’étude qualitative que Fussell et Stollery ont publiée en 2012 dans Evolutionary Psychology le rappelle dans son résumé : on ne sait pas avec certitude si les différences supposées entre les sexes existent vraiment, et, si elles existent, si elles correspondent aux prédictions de la théorie. Leur travail repose sur seize entretiens avec des personnes hétérosexuelles, ce qui est trop peu pour généraliser, mais il apporte une nuance utile : l’estime de soi joue un rôle important chez les deux sexes, et ce qui blesse dépend de ce qui compte pour l’image que la personne a d’elle-même. Le résumé est lisible sur PubMed.

Nous ne citerons donc aucun pourcentage de « femmes jalouses » ni de « hommes jaloux », puisque nous n’en avons pas lu de solide. Ce que l’on peut dire honnêtement tient en trois points.

  • La jalousie est une émotion humaine, pas une marque de fabrique féminine. Un homme qui s’estime peu aime peu être comparé, une femme dans le même cas aussi.
  • Elle varie beaucoup d’une personne à l’autre, et d’une relation à l’autre. La même personne peut être sereine dans un couple et très inquiète dans un autre.
  • Elle dépend de ce que le partenaire fait ou ne fait pas : de la clarté des engagements, de la confiance, du passé de la relation.

Cela ne signifie pas qu’il n’y a rien à dire de la jalousie dans un couple naissant. Cela signifie que ce n’est pas un trait de caractère que l’on rencontre à coup sûr chez une femme, et que l’attitude de celui qui est en face compte beaucoup. Dire clairement ce que l’on cherche, ne pas jouer sur l’ambiguïté, ne pas entretenir le flou : nous détaillons cette approche dans notre pilier sur la séduction avec respect, et c’est aussi la meilleure prévention de la jalousie.

Ce que les moyennes ne disent pas

Trois idées reçues, un même mécanisme : on prend une tendance moyenne, parfois faible, parfois inexistante, et on l’applique comme une règle à toute personne du groupe. C’est une erreur de raisonnement, et elle est facile à illustrer. Si la taille moyenne des hommes est supérieure à celle des femmes, cela ne vous apprend pas la taille de la personne que vous rencontrerez demain. Beaucoup de femmes sont plus grandes que beaucoup d’hommes. De la même manière, une différence moyenne légère entre deux groupes, sur un trait psychologique, ne dit presque rien sur une personne.

Les deux synthèses citées plus haut le formulent à leur manière. Hyde parle de caractéristiques « similaires pour la plupart ». Zell et ses collègues observent que les effets sont majoritairement petits ou très petits. Dans les deux cas, la conclusion pratique est la même : l’individu l’emporte sur la catégorie.

Un homme écoute attentivement une femme qui lui parle, dans un café lumineux
Écouter sans deviner : une question ouverte et une attention réelle valent mieux que dix déductions.

Reste un point sur lequel il faut être nuancé. Parler d’individus plutôt que de catégories n’est pas nier qu’il existe des expériences propres aux femmes, comme le harcèlement de rue, les remarques sur l’apparence ou la crainte de se retrouver seule face à un inconnu insistant. Ces réalités existent, et elles expliquent que certaines prudences paraissent évidentes à beaucoup de femmes. Un homme qui les comprend est mieux perçu qu’un homme qui les ignore ou qui les nie. Nous en parlons dans la rubrique sécurité, qui traite aussi de la manière de ne pas inquiéter la personne que l’on rencontre.

Une méthode simple pour rencontrer une personne, pas un profil

Que faire de tout cela quand on veut rencontrer quelqu’un ? Une méthode en cinq gestes suffit, et elle ne demande aucune technique particulière.

  1. Remplacer « les femmes » par « elle ». Dans votre tête comme dans votre bouche, bannissez les phrases qui commencent par « les femmes veulent » ou « les femmes n’aiment pas ». Si vous n’avez pas parlé à cette personne, vous ne savez pas ce qu’elle veut.
  2. Poser des questions ouvertes. « Qu’est-ce qui t’a donné envie de venir ici ? », « Qu’est-ce que tu aimes dans ce que tu fais ? » : ces questions laissent l’autre répondre à sa façon, et ne la placent dans aucune case.
  3. Reformuler plutôt que deviner. « Si je comprends bien, tu préfères les soirées calmes » vaut mieux que de conclure seul. L’autre corrige, précise ou confirme, et vous gagnez un fait réel à la place d’une hypothèse.
  4. Accepter les contre-exemples. Quand elle dit quelque chose qui contredit l’image que vous aviez, la bonne réaction est la curiosité, pas la surprise vexée. C’est la rencontre qui commence.
  5. Surveiller votre propre langage. Vos blagues sur les femmes, même légères, annoncent ce que vous pensez au premier rendez-vous. Une personne attentive repère très vite un homme qui range les femmes en catégories.

Les clichés qui visent les femmes d’un pays

Les idées reçues sur « les femmes » se doublent souvent d’idées reçues sur « les femmes d’un pays » : les Slaves seraient ceci, les Latines cela, les Scandinaves autre chose. Le mécanisme est le même, en plus rigide, parce qu’il ajoute la nationalité à la catégorie du sexe. Ce type de généralisation produit des attentes irréalistes, puis de la déception, et dans le pire des cas il sert de terrain à ceux qui exploitent la crédulité des autres.

Notre position est constante. Une femme n’est pas un « type », pas plus qu’un homme. Nous traitons de la rencontre avec des femmes d’autres pays dans la rubrique rencontre internationale, qui commence par rappeler qu’une nationalité ne dit rien du caractère, des attentes ni du mode de vie d’une personne. Si un site, un forum ou une vidéo vous promet « la femme qui correspond au portrait », méfiez-vous : vous n’achetez pas un portrait, vous rencontrez une personne qui a sa propre histoire.

Quand l’idée reçue vient de nous

Reste le cas où le cliché n’est pas un propos de comptoir, mais une conviction forgée par une expérience personnelle : une rupture douloureuse, une déception répétée, un cercle d’amis qui tient le même discours. Il est humain d’en tirer des conclusions générales. Les rencontres suivantes en paient pourtant le prix, car on cherche inconsciemment la confirmation de ce que l’on croit déjà.

Quelques pistes honnêtes, sans prétention thérapeutique. Notez les cas où vous avez eu tort, sans vous accabler : si une femme vous a surpris de façon positive, rappelez-vous que ce n’était pas une exception, mais une personne. Fréquentez des cadres mixtes où les femmes ne sont pas seulement des partenaires potentielles, comme une association, une équipe sportive ou un atelier, ce que détaille notre article sur la rencontre par une activité régulière. Les camaraderies mixtes sont la meilleure école pour défaire les catégories, parce qu’on y voit les personnes agir, rire, se tromper et changer d’avis. Et si la rancœur domine, prenez le temps de la traiter avant de relancer des rencontres : un proche, un professionnel de santé ou une association d’aide peuvent vous y aider.

Les clichés disent surtout quelque chose de celui qui les emploie

Le plus surprenant, quand on parcourt les travaux sur les stéréotypes, n’est pas ce qu’ils apprennent sur les femmes, mais ce qu’ils apprennent sur la façon dont nous pensons. Nous sommes très forts pour trouver des régularités, même quand elles n’existent pas, et très mauvais pour garder à l’esprit les exceptions. C’est ce qui rend les idées reçues agréables, durables et coûteuses.

Hyde le résume en parlant de coûts : surévaluer les différences produit des malentendus, notamment dans les relations. Pour un homme qui veut rencontrer une femme, la conclusion est presque contre-intuitive. Moins vous croyez savoir ce qu’elle pense, mieux vous l’écoutez, et mieux vous l’écoutez, plus vous avez de chances qu’elle ait envie de vous revoir. Le véritable avantage n’est pas de connaître « les femmes ». C’est de s’intéresser à celle-ci. Le même exercice, vu de l’autre côté, fait l’objet d’un guide sur les clés pour comprendre les hommes en rencontre.

Questions fréquentes

Les hommes et les femmes sont-ils vraiment très différents sur le plan psychologique ?

Les synthèses de recherche disent le contraire pour l'essentiel. La revue de Janet Hyde (2005), fondée sur 46 méta-analyses, conclut que les hommes et les femmes sont semblables sur la plupart des variables psychologiques, mais pas sur toutes. Une synthèse plus large de 2015 (106 méta-analyses) trouve une différence moyenne faible. Les écarts existent, ils varient selon l'âge et le contexte, et ils ne permettent pas de prédire une personne.

Les femmes parlent-elles plus que les hommes ?

Pas dans l'étude la plus citée sur la question. En 2007, la revue Science a publié un travail où 396 participants portaient un enregistreur pendant plusieurs jours : les femmes comme les hommes prononçaient environ 16 000 mots par jour. Les différences entre individus sont, elles, considérables, d'où l'intérêt de ne pas traiter une femme précise comme un exemplaire moyen.

Les femmes sont-elles toutes jalouses et possessives ?

Rien ne permet de l'affirmer. Les chercheurs discutent surtout de ce qui blesse le plus chaque sexe, et le modèle évolutionniste qui le prétend a reçu des critiques théoriques et méthodologiques importantes. Une étude qualitative de 2012 (16 entretiens) insiste sur le rôle de l'estime de soi, chez les femmes comme chez les hommes. La jalousie se joue d'abord dans une relation donnée.

Si les différences moyennes sont petites, peut-on quand même généraliser un peu ?

On peut décrire une tendance sur un grand groupe, mais pas en déduire ce que pense la personne en face de vous. Une moyenne ne dit rien d'un individu, et les deux groupes se recouvrent largement. Pour une rencontre, la seule information qui compte est celle qu'elle vous donne elle-même, en répondant à vos questions.

Comment éviter les clichés quand on aborde une femme ?

En posant des questions ouvertes, en écoutant les réponses, en reformulant ce que vous avez compris plutôt que de le deviner, et en laissant les termes « toutes » et « jamais » à la porte. Un cliché sert à gagner du temps. Une rencontre en demande, et c'est précisément ce temps qui permet de découvrir quelqu'un.